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La Paix Et La Guerre Dissertation Defense

La théorie de la paix démocratique repose sur l'affirmation selon laquelle les démocraties ne se font pas la guerre entre elles.

Définition de la théorie de la paix inter-démocratique[modifier | modifier le code]

La proposition selon laquelle les démocraties ne se font pas la guerre entre elles est selon certains penseurs libéraux ce qui ressemble le plus à une loi (au sens des sciences naturelles) dans le domaine des relations internationales. Cette affirmation est loin d'avoir donné lieu à un consensus entre les politologues et est largement rejetée notamment par les penseurs réalistes.

Cette thèse affirme que la démocratisation est facteur de paix. Toutefois la question « comment démocratiser ? » demeure. C'est pourquoi les pays occidentaux ont orienté leurs stratégies dans ce sens[1],[2]. Ce thème a été largement débattu jusqu'à la deuxième guerre d'Irak. L'idée n'est pas spécialement nouvelle, puisque Kant l'avait déjà avancée dans son projet de paix perpétuelle[3]. Il considérait que les démocraties ne pouvaient se lancer dans des guerres.

C'est un article de Michael Doyle[4] qui a remis cette théorie en avant en l'adaptant. Elle déclare que les démocraties ne se font jamais la guerre entre elles.

Il faut préciser trois choses :

  • Cette théorie ne prétend pas que les démocraties ne font pas la guerre : elles mènent des guerres contre les autres régimes, et peuvent même s'avérer être les plus belliqueuses ;
  • Il s'agit d'une théorie sur les guerres entre États, et pas sur les guerres civiles ;
  • Les guerres contre le terrorisme, la subversion, la promotion de révolution ou de coups d'État (comme l'action des États-Unis en Amérique latine) ne sont pas concernés.

Cependant, ces exemples sont contestés, certains remettant en cause le caractère véritablement démocratique de ces États, parfois éloignés des principes de la démocratie moderne.

La démocratie est envisagée ici dans une conception dite minimaliste, celle de Robert Dahl, (polyarchie, démocratie dans la sphère politique, séparée des domaines économique et social), ou de Régis Debray (ensemble d'institutions chargées de la répartition et de la légitimation du pouvoir). D'après ces conceptions réductrices, les démocraties modernes (avec le suffrage universel notamment) ne sont apparues qu'après 1945.

Critiques de la théorie de la paix inter-démocratique[modifier | modifier le code]

Au delà du débat empirique, il est légitime de se demander la validité de ce lien de causalité : est-ce vraiment la nature des régimes politiques qui est responsable de la paix ? En effet d'autres tendances sont à l'œuvre, qui peuvent également expliquer que les démocraties ne se fassent pas la guerre entre elles. Tout d'abord, la probabilité des guerres interétatiques a diminué ; ensuite, les guerres ont moins de chances d'éclater entre des sociétés stabilisées; enfin, les États démocratiques appartiennent souvent à une même communauté de sécurité (OTAN, alliances régionales en Asie): l'alliance contre un ennemi commun (le bloc soviétique), le dépassement du dilemme de sécurité en Europe grâce au lien avec les États-Unis à travers l'OTAN seraient-ils une explication plus pertinente de ce phénomène ?

La théorie de la paix inter-démocratique à donc fait l'objet de trois types de critiques.

Explication par l'interdépendance[modifier | modifier le code]

L'interdépendance, parce qu'elle crée des vulnérabilités mutuelles, diminuerait la probabilité de la guerre. Mais dans ce cas, la période de forte interdépendance du XIXe siècle à 1914 invalide cet argument (en le réduisant à une anomalie statistique). L'intégration européenne est la version régionale du phénomène d'interdépendance en tant que facteur de paix.

Explication par l'irrationalité de la guerre[modifier | modifier le code]

Cette explication présume que la guerre est irrationnelle. Cependant, le maintien de la paix peut également être irrationnel et le recours à la guerre préférable (mais la rationalité dépend du résultat : Winston Churchill était marginalisé dans la vie politique anglaise avant la Seconde Guerre mondiale, parce qu'il prônait une guerre préventive contre l'Allemagne).

Certains auteurs (J. Mueller, The Obsolescence of War) ont avancé que la guerre était devenue obsolète, et ce pour trois raisons essentielles :

  • Le coût désormais trop élevé : les guerres d'aujourd'hui sont plus coûteuses que celles d’autrefois ;
  • Le changement des valeurs, du bellicisme à un pacifisme galopant ;
  • Le potentiel de destruction énorme des armes (nucléaires).

Cette argumentation peut cependant être relativisée :

  • Le coût de la guerre :
    • En réalité, plus les armes sont développées, moins la guerre est coûteuse : la répartition combattants/non-combattants est facilitée ; la destruction est plus sélective : en Afghanistan, la coordination des forces aériennes et des troupes au sol a permis d'atteindre un taux de réussite de 90 %.
    • Les guerres de Serbie, d'Afghanistan et d'Irak peuvent être considérées comme une avancée civilisationnelle : elles marqueraient la fin de l'époque des guerres totales qui a commencé avec les invasions napoléoniennes et qui impliquaient l'absence de distinction entre civils et militaires, l'industrialisation et la bureaucratisation de la guerre (il devenait alors psychologiquement légitime de détruire les civils qui soutenaient l'effort de guerre dans les usines d'armement).
  • La capacité de destruction des armes actuelles :
    • Les armes nucléaires ne sont pas forcément utilisées ; elles ne permettent pas une réponse proportionnée si ce sont les seules qu'on possède; elles ne sont pas le summum de la guerre totale (Raymond Aron) mais peuvent au contraire diminuer la probabilité d'une telle guerre.
    • Les mines antipersonnel permettent la stabilisation par la dissuasion (comme dans la bien-nommée zone démilitarisée entre les deux Corées) ;

Tout ceci rend la guerre « plus acceptable » ; en tout cas on ne peut pas considérer qu'elle est de plus en plus barbare. Les major wars sont probablement une réalité dépassée aujourd'hui.

Explication par l'appartenance à une même communauté de sécurité[modifier | modifier le code]

C'est la vision selon laquelle la paix entre démocraties serait mieux expliquée par leur union contre un ennemi commun. La configuration des alliances, et la répartition de la puissance, seraient donc plus importantes que la nature des régimes. Dans cette perspective, le projet de construction d'un monde multipolaire, modifiant le statu quo, pourrait mener au conflit. Cette théorie est convaincante mais elle est (heureusement) impossible à valider, faute de preuves empiriques. De plus, les accords bilatéraux peuvent également être le fondement de la paix. Pour les structuro-réalistes (comme Kenneth Waltz), l'OTAN va se désagréger et cela va donner lieu à des conflits intra-européens : la disparition de l'OTAN traditionnel et la volonté de certains États européens de créer un monde multipolaire (augmentant la probabilité d'affrontements entre les puissances régionales) iraient dans ce sens[5].

Défense de la théorie de la paix inter-démocratique[modifier | modifier le code]

Bruce Russett défend la conception (minoritaire) selon laquelle les démocraties seraient pacifiques de manière inhérente.

Le pacifisme des démocraties est attribué à deux choses : la culture (cultural-normative model), l'opinion publique, les citoyens, d'une part, et les institutions politiques (structural-institutional factors), d'autre part.

Les opinions publiques des démocraties auraient une meilleure connaissance des problèmes internationaux; on attendra des décideurs politiques qu'ils résolvent les conflits par le compromis. La liberté rend pacifique, et les valeurs démocratiques seraient pacifiques de manière inhérente. Il n'est pas évident que les opinions publiques soient foncièrement plus pacifiques; au mieux elles le seront envers les autres peuples démocratiques.

D'autre part, la culture du compromis propre aux démocraties se reproduit dans l'opinion des citoyens. Ainsi les démocraties ayant tendance à promouvoir la démocratie, ces valeurs vont faire partie de l'héritage culturel des habitants. En régime autoritaire, l'absence de liberté empêche que de telles valeurs de liberté se répandent de la même manière. Autrement dit, il existe un lien de causalité entre nature du régime et valeurs défendues par les citoyens, mais le lien entre la nature du régime et son pacifisme est moins évident.

  • Les institutions politiques des démocraties :

Les institutions démocratiques seraient-elles alors le rempart le plus sûr contre la guerre? La séparation des pouvoirs (checks and balances), et la nécessité du consentement populaire rendrait plus difficile le recours à la guerre. Cette assertion repose sur une comparaison avec les régimes autoritaires, réputés plus simples (dans leur processus de prise de décision) que les démocraties. Mais c'est faux, les dictatures du XXe siècle, sauf dans certains cas (celles de Mobutu au Zaïre et des Duvalier en Haïti) se révèlent être très complexes. La dictature militaire de Pinochet au Chili est institutionnalisée, le pouvoir est divisé, Pinochet étant le premier entre les pairs (direction collégiale). De même, on ne peut pas réduire l'URSS à la personne de Brejnev. La décision d'intervenir en Afghanistan, aujourd'hui bien documentée, illustre cette complexité. En fait, c'est parce que les choses sont plus transparentes dans les démocraties qu'on se rend mieux compte de leur complexité.

Note;[modifier | modifier le code]

  1. ↑Stratégie européenne de sécurité
  2. National Security Strategy of the United States of America
  3. ↑Kant, Vers la paix perpétuelle, Que signifie s'orienter dans la pensée ?, Qu'est-ce que les Lumières ? et autres textes, Introduction, notes bibliographie et chronologie par Françoise Proust, Garnier-Flammarion, 1991.
  4. ↑Doyle, Michael, « Kant, Liberal Legacies and Foreign Policy » (Parties I et II), Philosophy and Public Affairs, n°12, 1983, pp. 205–235 et 323–353.
  5. ↑Waltz, K. « Structural Realism After the Cold War », International Security, vol. 25, No. 1 (été 2000), pp. 5–41

La France est entrée en guerre contre des groupes terroristes islamistes. Pour le chef d’état-major des armées Pierre de Villiers, la vertu de la force ne pourra seule régler ces conflits mondialisés.

Tribuneécrite par Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées

Notre pays est engagé dans une guerre contre un ennemi asymétrique et terroriste. La France peut compter sur ses armées pour résister, affronter et vaincre cet ennemi. Protéger les Français, où qu’ils soient, est bien la vocation des armées françaises. C’est pour cela qu’elles s’engagent avec abnégation, constance et professionnalisme, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des frontières. Le combat sera long. C’est la force légitime qui fait reculer la violence. Cette force doit s’inscrire dans une stratégie globale pour agir sur les racines de la violence.

Prenons la mesure des changements que nous vivons  : nous sommes face à une guerre d’un nouveau type.

Pendant longtemps, la violence paraissait limitée : illusion optique, elle n’était que lointaine. Elle est désormais sur notre sol. Elle s’est exprimée de la plus terrifiante et ignoble des manières lors des attentats perpétrés sur notre sol.

Défense de l’avant et protection du territoire sont les deux volets d’une même volonté  : protéger la France et les Français

Le président de la République a clairement désigné notre ennemi  : le groupe Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique]. Et n’oublions pas d’autres noms qui sont autant de masques  : Al-Qaida, AQMI, AQPA… Ces groupes ignorent les frontières et jouent avec les outils de la mondialisation pour recruter leurs exécutants, diffuser leur propagande, exporter leurs modes d’actions terroristes. Ils cherchent l’implosion des sociétés, l’installation d’un chaos propice à l’émergence d’un néocalifat. Ils véhiculent, par Internet et les réseaux sociaux, une propagande agressive, réactive et de grande qualité technique qui cherche à discréditer nos valeurs et notre modèle de société. Le terrorisme n’est pour eux qu’un moyen parmi d’autres d’arriver à leurs fins. Nous ne faisons pas la guerre à un procédé. Nous ne faisons pas la guerre à un terrorisme désincarné  ; nous faisons la guerre à ces groupes djihadistes.

Le mensonge et la dissimulation sont leur matrice  : leur idéologie évoque un passé idéalisé et la promesse d’un futur fantasmé  ; ils prétendent préparer l’avènement d’un monde nouveau, mais usent sans retenue d’une violence destructrice et nihiliste. En vérité, leur action répond à un plan qui repose sur la recherche du coup de force permanent et la surenchère de violence.

Face à eux, nos armées mènent, avec nos alliés, au Sahel et au Levant, avec courage et détermination, une véritable « défense de l’avant  » de notre territoire, de nos valeurs, de notre société. Et ce sont les mêmes soldats, avec un même enthousiasme et une même foi en leur mission, qui, sur le sol national, en appui des forces de sécurité intérieure, se tiennent prêts à s’opposer aux actes de guerre que des terroristes voudraient commettre au cœur de nos villes. Défense de l’avant et protection du territoire sont les deux volets d’une même volonté  : protéger la France et les Français. Toutes les menaces sont en effet désormais transnationales. Nous sommes entrés dans une guerre mondialisée et il en résulte pour nos démocraties un lien fort, direct, entre leur sécurité extérieure et leur sécurité intérieure. Je le constate chaque jour qui passe avec une intensité nouvelle. L’histoire s’accélère, de plus en plus brutale.

Devant la grande complexité des ressorts de la violence que nous combattons, il faut aller au-delà de l’écume des apparences et s’appuyer sur quelques repères pour avancer dans ce brouillard. A l’aune de l’expérience opérationnelle actuelle de nos armées, j’ai quatre convictions.

La vertu de la force

La première est celle de la vertu de la force.

Face à la violence, la force légitime et maîtrisée est indispensable. Gardons-nous de la tentation du repli sur soi. Attendre que nos ennemis, experts en asymétrie, viennent à nous, ce serait leur montrer une faiblesse qu’ils exploiteront inévitablement. Nous l’avons expérimenté en Afghanistan  : plus nous sortions de nos bases, moins nous étions attaqués par les talibans et plus la menace qu’ils faisaient peser sur la population s’estompait.

Aujourd’hui, en agissant au Sahel, les armées françaises empêchent que ne s’y forment de nouveaux sanctuaires terroristes. N’oublions pas qu’AQMI voulait installer un califat au Mali. Les résultats sécuritaires dans la bande sahélo-saharienne montrent que l’action porte des fruits, dès lors qu’elle s’ancre dans une stratégie de long terme et s’appuie sur de la persévérance et de l’endurance. Dans le même esprit, en agissant au Levant, au sein de la coalition, nous luttons pour contenir Daech jusqu’à ce que les partenaires locaux soient en mesure de le détruire. Nos actions aériennes – frappes et renseignement – complètent l’indispensable combat au sol des forces locales. Notre stratégie militaire, dans le cadre de la coalition, nécessite, là encore, de la patience.

Mais le temps s’accélère. Sous la pression de l’information instantanée et continue, cette accélération s’impose à notre société de façon quasi irrationnelle. Or, ce phénomène sert la violence qui sait choisir son moment pour frapper, alors que la force a besoin de temps pour produire ses effets. Il y a donc une sorte d’effet ciseau avec lequel le chef militaire doit composer  : il doit intégrer la demande d’effets immédiats et visibles, sans pour autant subir la tyrannie de l’urgence.

La force n’est pas suffisante

Ma seconde conviction est que si la force est agissante, elle n’est pas suffisante. Une stratégie basée sur les seuls effets militaires – détruire un camp d’entraînement djihadiste ou arrêter une colonne de pick-up d’AQMI – ne pourra jamais agir sur les racines de la violence, lorsque celles-ci s’ancrent dans le manque d’espoir, d’éducation, de justice, de développement, de gouvernance, de considération. Gagner la guerre ne suffit pas à gagner la paix. Quelle que soit la nature des crises, une approche globale est indispensable, c’est-à-dire une approche interministérielle et internationale. Il faut du temps et il n’y a pas de place pour le développement – économique, mais aussi durable – sans sécurité, comme il n’y a pas de sécurité sans développement.

Sans une éthique solide, se limiter à des actions militaires peut même rapidement fairebasculer dans « l’inconscience de la violence  ». Les armées sont l’expression régalienne de la force légitime d’un Etat de droit qui se reconnaît lui-même dans les obligations du droit international. L’action des armées françaises en opération s’inscrit donc dans une stricte conformité au droit  ; sans cela, pas de légitimité ni de succès possible. Une frappe aveugle ne fera jamais une victoire, ni ne viendra à bout d’une folie ou de la misère. Pis, face au terrorisme, nous devons nous garder de tomber dans un mimétisme où nous perdrions notre légitimité et, plus encore, notre âme.

Une garantie de cohérence

Ma troisième conviction est la nécessaire garantie de cohérence entre les menaces, les missions et les moyens. Pour défendre notre pays, être efficace et prête à affronter l’avenir, notre armée doit avoir un modèle complet, c’est-à-dire posséder une palette de capacités à « large spectre  ». Daech n’est pas l’horizon indépassable de nos ennemis  ; il incarne la menace du non-droit, mais les menaces de la force et de la faiblesse décrites dans le Livre blanc de 2013 sont toujours présentes. Les menaces restent multiples et se présentent chaque jour sous une forme différente.

Seul un modèle complet d’armée permet de durer et de s’adapter à la menace, au plus près comme au plus loin. Ce modèle complet d’armée, c’est le choix du Livre blanc, celui que nous portons avec l’équipe des chefs d’état-major d’armée, derrière notre ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian. Ce modèle a un coût, celui qui a été rappelé lors du dernier sommet de l’OTAN à Newport en septembre 2014, avec l’objectif des 2 % du PIB consacrés aux dépenses de défense. La guerre a aussi un prix  : celui du sang de ceux qui acceptent de se porter au-devant de l’ennemi.

De belles armées

Ma quatrième conviction s’exprime de la façon la plus simple  : nous avons de belles armées. Elles sont en perpétuelle transformation pour relever les défis d’aujourd’hui et répondre à ceux de demain. Les défis actuels au Sahel sont ceux des distances, de l’immensité désertique, du caractère transfrontalier de la menace et de groupes terroristes qui esquivent le plus souvent le combat, sauf s’ils sont acculés. Trois mille cinq cents hommes sont engagés dans cette opération. Ils agissent sur un territoire 200 fois plus vaste que le Kosovo, où jusqu’à 50 000 soldats ont été déployés.

Pour prendre l’ascendant, il a fallu radicalement changer nos modes d’action. Nos actions reposent sur la surprise, celle que l’on impose à l’adversaire pour frapper ses « centres de gravité  »  : flux logistiques et capacités de commandement. Pour y parvenir, nos armées mettent en œuvre la boucle formée par le triptyque  : renseignement, capacité de suivi, capacité de frappe  ; cela en continu, 24 heures sur 24. Ces opérations impliquent des raids aéro-terrestres qui, en distance, reviendraient à décoller de Paris en début de nuit, à agir à hauteur du détroit de Gibraltar en fin de nuit et à être de retour à Paris avant la nuit suivante.

Nos armées sont servies par des femmes et des hommes de grande qualité, militaires et civils, d’active et de réserve. Nos jeunes militaires, qui sont issus de la société civile dans toute sa diversité, sont généreux  ; ils ont le goût de l’effort et du dépassement de soi  ; ils font preuve de courage qui peut aller jusqu’à l’héroïsme  ; en 2015, 50 % des militaires ont quitté leurs familles plus de 200 jours par an. La qualité du personnel dans nos armées n’est pas démentie, y compris dans la période actuelle où les recrutements sont importants pour reconstituer une force opérationnelle à la hauteur des défis d’aujourd’hui. Nos militaires défendent avec foi les valeurs de la France  : la liberté, ils combattent pour elle  ; l’égalité, ils la vivent sous l’uniforme  ; la fraternité, ils la construisent au quotidien. L’armée, lieu de brassage et de promotion sociale, est un puissant contre narratif au discours des terroristes qui cherchent, par la division, l’implosion de la société.

D’ailleurs, pour tenir dans la durée, l’armée de la nation a besoin du soutien des citoyens  ; elle compte sur chacune et sur chacun d’entre nous.

En définitive, ces quatre convictions n’en forment qu’une  : la France avec ses alliés gagnera ce combat contre les groupes armés terroristes islamistes radicaux. Pour cela, elle peut compter sur ses armées qui s’engagent sans idée de recul  ; leur qualité et leur efficacité sont une source de grande fierté. C’est aussi pour nous tous une raison d’espérer. Nos militaires, émanation de la nation, forment un ressort essentiel de notre résilience collective. Dans l’anonymat de leurs missions, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières, ils incarnent les valeurs de notre pays et l’espérance de notre jeunesse au service de la paix.

Le général Pierre de Villiers est chef d’état-major des armées depuis le 15 février 2014. Conseiller militaire du gouvernement, il est responsable, sous l’autorité du président de la République, de la préparation et de l’emploi des forces, ainsi que du commandement de toutes les opérations militaires. Il a commandé au Kosovo et en Afghanistan. Il a également été chef du cabinet militaire du premier ministre.

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