• Home   /  
  • Archive by category "1"

La France Et Son Empire Colonial Dissertation

Correction du sujet de bac blanc : 

 

 L'empire français au moment de l'exposition coloniale de 1931 : réalités, représentations et contestations.

 

 

 

Analyse du sujet proposé

 

Délimitation chronologique : la situation de l’empire français au début des années 30, situation d’apogée avec un point d’orgue qui est l’exposition coloniale de 1931 à Vincennes (la conquête est loin derrière), à il s’agit là d’un sujet tableau ou bilan.

 

Délimitation géographique : L’empire français : sa délimitation géographique, son étendue

 

Délimitation thématique : les réalités de l’empire français (l’exploitation coloniale [le système colonial], les représentations (le regard que les Français portent sur leur empire) et les contestations (les remises en cause de l’ordre colonial en France et dans les colonies)

 

Une introduction qui amène, définit le sujet et pose la problématique

 

Le sujet peut être amené en rappelant qu’au moment où s’ouvre l’exposition coloniale de Vincennes la France a achevé sa conquête coloniale avant guerre (qu’elle a récupéré quelques territoires sous mandat de la SDN) ;

L’élève délimite le sujet en localisant rapidement l’empire et  en rappelant que cette période est une période d’apogée de la puissance coloniale française avec comme point d’orgue l’exposition coloniale (l’exposition coloniale est rapidement présentée).

 L’élève définit aussi les termes de réalités, de représentations et de contestation

 

La problématique : Comment est géré l’empire colonial français ? Quels débats suscite le fait colonial ? En quoi l’exposition coloniale met elle en évidence les ambigüités de la colonisation ?

 

 

A valoriser : L’élève fait le lien avec l’exposition coloniale et utilise l’exposition coloniale comme exemple significatif.

 

I. La plus « grande France » : Le deuxième empire colonial derrière celui du Royaume Uni  (la  réalité)

 

1. Un empire très étendu (connaître l’étendue et les espaces conquis) : l’étendue de l’exposition coloniale, la multitude des pavillons :

 

2. Une grande diversité de statuts.

 

3.  une exposition qui nie les réalités de la domination coloniale

 

a. des territoires sous domination française (l’exploitation coloniale)

b.  des sociétés  traditionnelles bouleversées (la politique de l’assimilation)

 

 

II. le mythe de la « plus grande France ».  (Les représentations)

 

1. Un intérêt  des Français pour leur empire au départ secondaire

 

2. Le mythe de la plus grande France : discours officiel et propagande lors de l’exposition coloniale (les représentations)

 

a. un élément de fierté nationale (affiche)

b. La mission civilisatrice de la France (affiche)

c. L’empire comme source de richesse (discours d’inauguration…)

d. un rêve d’exotisme et d’évasion : l’empire mis en scène (spectacles…)

 

 

III. Une contestation de l’ordre colonial qui reste encore marginale : Une exposition qui rencontre un immense succès populaire

 

1.  En France, une contestation limitée à l’extrême gauche. : La contre exposition (surréalistes et communistes)

 

2. le développement du nationalisme dans les colonies.

 

 

Une conclusion qui répond clairement au sujet : des Français fiers de leur empire colonial (mission civilisatrice, regard teinté de racisme) et qui ne sont pas conscient des réalités de la domination coloniale ; période marquée par les premières contestations en France et dans les colonies.

Cette contestation va s’amplifier aux lendemains de la guerre à décolonisation

 

 

 

 

Présence d’un plan cohérent (présence de partie  [et de sous-partie])

Travail réalisé avec soin : lisibilité

Orthographe/grammaire

Cohérence des propos (construction des phrases, articulation….)

Première partie

1. Dans sa défense de la politique coloniale de la France, devant les députés, en juillet 1885, Jules Ferry développe plusieurs arguments. Le premier est d'ordre économique : la colonisation est l'opportunité de trouver des débouchés pour les produits français. Alors que l'Europe connaît sa seconde phase d'industrialisation, que l'Allemagne et les États-Unis apparaissent de plus en plus comme des puissances industrielles de premier plan, la concurrence entre les pays industriels se fait de plus en plus vive et de nouveaux débouchés sont intéressants. Le second argument consiste à présenter la colonisation comme la conséquence d'une mission civilisatrice − et même un devoir, selon l'expression de Jules Ferry. Enfin, un troisième argument relève du patriotisme. « Puisque les autres pays européens colonisent, nous devons coloniser », tel pourrait être la synthèse de ce troisième argument. Et alors que la défaite de 1870 est encore à l'esprit de chacun, ce troisième argument n'est sans doute pas le moins important aux yeux des députés.

2. Dans l'entre-deux-guerres, la France détient le second empire colonial, avec des possessions dans la plupart des régions du globe. À cette diversité géographique correspond également une diversité des modes d'administration coloniale : colonie, protectorat, mandat.
La colonie est la domination politique d'un territoire par un autre État. On distingue les colonies d'exploitation (où la puissance coloniale administre le territoire mais sans qu'il y ait une implantation importante de population métropolitaine) des colonies de peuplement (où il y a une implantation importante d'une population métropolitaine). La France n'a pas de véritable colonie de peuplement, à l'exception de l'Algérie.
Le protectorat diffère de la colonie en ce que les institutions existantes sont formellement maintenues par la puissance coloniale. Celle-ci assure la gestion de la diplomatie, du commerce extérieur et bien sûr de la défense. Le protectorat est, dans une certaine mesure, un mode d'administration coloniale indirecte. C'est le cas du Maroc par exemple.
Le mandat est le mode d'administration coloniale consacré par la communauté internationale. En effet, le mandat est un territoire confié à une puissance coloniale par décision de la Société des Nations. Ces mandats étaient, avant la Première Guerre mondiale, des colonies allemandes ou des possessions de l'Empire ottoman. C'est le cas, par exemple, du Togo et du Cameroun, en Afrique de l'Ouest et centrale, ou encore de la Syrie et de l'actuel Liban.
Enfin, héritage de l'Ancien Régime, la France continue, dans l'entre-deux-guerres, de posséder des comptoirs, implantations commerciales, notamment en Inde.

3. L'empire colonial français est le premier partenaire commercial de la France à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Mais il s'agit d'un partenariat déséquilibré. L'empire colonial est avant tout un réservoir de matières premières à bon marché. La part de l'empire dans les importations de matières premières n'a cessé d'augmenter, y compris sur la seule décennie 1929-1939. En effet, le principal effet de la crise des années 1930 est le protectionnisme et les colonies ne peuvent exporter comme elles le souhaitent. Il s'agit de garantir les approvisionnements de la métropole.
À l'inverse, la métropole est le fournisseur principal − et quasi exclusif parfois − de biens manufacturés. Là encore, le protectionnisme joue à plein : il s'agit de garantir des débouchés aux productions métropolitaines, même lorsque ces productions consistent en la seule transformation de produits coloniaux. C'est le cas pour la filière arachide : l'empire représente plus de la moitié des importations de graine oléagineuses et arachides de la France, il représente également près de 90 % des exportations d'huile d'arachide françaises. Ainsi s'est mise en place une filière industrielle drainant la matière première depuis l'empire, pour la transformer en métropole et réexporter (de façon quasi exclusive) le produit fini vers les colonies.
Les effets de ce commerce sont relativement simples : la valeur ajoutée née de la transformation des produits bruts en provenance des colonies est assurée par la métropole. Et les termes de l'échange sont inégaux : la vente de produits bruts rapporte nécessairement moins que l'achat de produits manufacturés. C'est le sens de l'affiche du Parti communiste et de la CGTU.

4. La personnalité et les prises de position de Maurice Viollette, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, illustrent bien les difficultés du colonialisme à la fin des années 1930 et, d'une certaine façon, augurent de l'émancipation future des peuples colonisés.
Les années 1930 voient en effet apparaître un débat autour de la participation électorale d'une partie de la population algérienne. L'Algérie est la seule colonie de peuplement française. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, environ 800 000 colons européens y sont installés, certains depuis plusieurs générations, au milieu d'une population locale de plusieurs millions. Mais, dans les années 1930, s'est progressivement constituée une élite locale (ce n'est d'ailleurs pas propre à l'Algérie) qui revendique de nouveaux droits. On songe, par exemple, à Messali Hadj, qui suivit dans les années 1920 des cours à la Sorbonne, ou encore à Ferhat Abbas, pharmacien à Sétif. Le père de ce dernier, ouvrier agricole puis marchand de bestiaux, avait été nommé caïd (chef de circonscription) par l'administration coloniale. Intégrés intellectuellement, et parfois socialement, ces hommes issus des élites locales contestent la domination coloniale et réclament des droits civiques. Violette considère que la position d'exclusion civique d'une partie − au moins − de la population locale n'est pas tenable, ne serait-ce que pour des raisons démographiques.

5. Les documents 1, 4 et 5 illustrent différentes conceptions de la colonisation. Ferry en expose les motifs, mettant volontiers en avant la « noblesse » de la colonisation au regard d'un prétendu rôle civilisateur. À l'inverse, le document 4 met en avant un motif − évoqué par Ferry également − qui est celui de l'exploitation économique. Dans les années 1930, alors que les expositions coloniales font les beaux jours du public parisien, l'exploitation économique apparaît à certains comme de plus en plus inégale. Et, alors que la gauche soutenait globalement la colonisation dans les deux dernières décennies du xixe siècle, elle s'en démarque sensiblement dans les années 1930, allant jusqu'à revendiquer l'indépendance (communistes) ou des droits civiques similaires (position de Violette).

Deuxième partie

La seconde partie du xixe siècle voit la France se doter d'un empire colonial important. À la veille de la Première Guerre mondiale et jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, qui marque le début de l'émancipation des peuples dépendants, elle dispose ainsi du second empire colonial derrière l'empire britannique. Ses possessions s'étendent principalement en Afrique, en Asie (notamment avec la péninsule indochinoise), mais également dans le bassin méditerranéen, notamment avec le Maroc ou encore l'actuelle Syrie et l'actuel Liban. Cet empire s'est constitué au fil des années et connaît donc des modes d'administration à la fois très diversifiés et complexes.
En réalité, la France, comme d'autres pays européens, n'est pas entrée dans la colonisation du xixe siècle sans avoir déjà un passé colonial, hérité de l'époque moderne. Au milieu du xixe siècle, cet héritage est surtout constitué de comptoirs, notamment en Inde. Avec un comptoir, il ne s'agit pas tant de s'assurer du contrôle politique d'un espace que d'en drainer les richesses en matières premières. Le comptoir est donc avant toute chose une implantation commerciale.
Mais la seconde moitié du xixe siècle a changé les modes de colonisation. La colonisation ne se conçoit plus seulement comme une possibilité de drainer des ressources en matières premières, la possession de territoires devient un enjeu entre les puissances européennes. La France, déjà présente en Afrique du nord, étend rapidement son emprise sur le continent africain. Deux blocs sont constitués aux fil des années : l'AEF (Afrique-Équatoriale française) et l'AOF (Afrique-Occidentale française). Mais les visées des autres puissances coloniales européennes ne permettent pas la constitution d'un bloc territorial cohérent qui ferait la jonction entre les deux espaces coloniaux français sur le continent africain.
Plus cohérent sur le plan territorial est le bloc indochinois. La France, en effet, s'assure assez rapidement la possession de la péninsule indochinoise. Présente en Inde uniquement par les comptoirs hérités de l'époque moderne, la France ne peut rester absente de cette région du monde, riche de ressources naturelles (hévéa pour la production du caoutchouc, notamment). Car le choix est fait de ne pas développer une colonisation de peuplement mais plutôt une colonisation d'exploitation. C'est d'ailleurs, hormis le cas spécifique de l'Algérie, le cas de toutes les possessions coloniales françaises. La France est, précocement, un pays malthusien, malgré l'exode rural, elle ne dispose pas de réel « réservoir » démographique pour alimenter une colonisation de peuplement. D'ailleurs, une partie du peuplement colonial en Algérie provient d'autres pays que la France (Espagne, Italie, etc.). Le partage des dépouilles coloniales de l'Allemagne et de la Turquie, au lendemain de la Première Guerre mondiale, voit la France acquérir des mandats, mode d'administration coloniale particulier, qui met un territoire sous tutelle d'un autre, avec l'agrément de la communauté internationale (notamment, après 1920, de la SDN). La colonisation a longtemps été, en France, une question qui transcendait les clivages politiques. Ainsi, Jules Ferry est-il plus connu pour sa contribution à la mise en place de l'instruction publique obligatoire que pour ses prises de position en faveur de la colonisation. Car, dans un pays qui ressent durement la défaite de 1870 et la perte de l'Alsace-Lorraine, la colonisation constitue un exutoire possible à la volonté de puissance. D'autant que la concurrence industrielle s'ajoute à ces interrogations sur la puissance du pays. Les deux dernières décennies du xixe siècle voient ainsi les États-Unis et l'Allemagne rattraper et dépasser la production industrielle française. Aussi, dans un contexte de rivalité commerciale croissante et de course aux matières premières, la possession d'un empire colonial apparaît comme une priorité nationale.

One thought on “La France Et Son Empire Colonial Dissertation

Leave a comment

L'indirizzo email non verrà pubblicato. I campi obbligatori sono contrassegnati *